L'histoire de l'US Montagnarde,un exemple pour le football amateur

Les quartiers de Langroix et de Kerglaw(La Montagne) partis intégrantes de l'histoire de l'USM.

 

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 Sur cette photo on reconnait les anciennes maisons des forges à Langroix qui ont offert bon nombre de joueurs à l'USM dont  Charlot  Le Bouedec qui est récemment décédé

 

L'auteur du livre qui ne voulait pas en parler m'avait fait comprendre que l'histoire des communes de Lochrist et d'Hennebont et celle de l'USMontagnarde n'ont rien à voir;  Pourtant beaucoup de ceux ont aussi écrit l'histoire des forges et aussi celle des carrières de Polvern dont les pierres bleus de granit ont servit à créer la fameuse place de l'Opéra et celle de Copenhague  furent parmi les premiers joueurs de l'USM et les derniers acteurs des Enfants de Lochrist Hennebont . Autre chose dont je me suis étonné à une époque. Pour avoir lu la plupart des ouvrages de la belle soeur de l'auteur, le nom de l'USMontagnarde n'a été que très rarement cité.  Personnellement je n'en aurai pas fait allusion dans le livre qui devait sortir c'est comme pour le fameux dessinateur qui n'a rien à voir avec l'US Montagnarde.

 

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Le plateau de Craonne et la Cité bleue à La Montagne ont vu grandir bon nombre de footballeurs, je pense aux famille Le Hen, Morvant, Painbéni.

 

Si les forges d'Hennebont sont les détonateurs de la création de l'USM , le club à sa naissance était en grande partie composé de joueurs des deux quartiers populaires que sont Kerglaw(en breton Le village de la pluie) ou plus précisément La Montagne, (c'est là que l'USMontagnarde verra le jour en 1936) et Langroix. Ce dernier qui bien qu'étant situé sur la commune d'Hennebont fournissait un fort contingent de joueurs. Lochrist étant à son origine une île( Locastel), c'est en 1860 qu'Henri et Emile Trottier décident d'installer sur un terrain de trois hectares longeant la rive droite du Blavet au lieu dit Kerglaw, les fameux forges dites d'Hennebont alors qu'elles étaient en réalité situés sur la commune d'Inzinzac Lochrist. Des forges qui obtiendront une renommée mondiale avec la création en son sein du fameux procédé Off Set qui révolutionnera l'imprimerie, certains joueurs de La Montagne qui auront le privilège de travailler sur le train à larget qui était le premier spécimen en son genre. C'est également aux forges d'Hennebont que seront imprimés les premières boites en fer.

Si le quartier de La Montagne datait de 1880, Langroix fut construit en 1920. La majorité de la population de ces quartiers populaires travailleront aux forges mais aussi aux fameuses carrière de Polvern . Les ouvriers de ces quartiers qui poseront les premiers jalons de cette superbe aventure que constituera la saga montagnarde. Si les Enfants de Lochrist Hennebont ont eux aussi servis de détonateurs, des joueurs comme Charlot Le Bouedec originaire de Langroix ont connus les fameux Champ de Capote

 

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(Photo de Charlot   Le Bouedec)

«  Même si je n'ai porter les couleurs de la section football des Enfants de Lochrist Hennebont , par contre étant gamin je faisais parti de la fanfare. Comme j'habitais déjà Langroix à l'époque, on jouait entre nous chez Gaigne et quand l' USM s'est créer avec les collègues du quartier notamment les anciens tels Jobic Sciellour ont est parti le rejoindre ceux de La Montagne,j'ai moi même débuté ma carrière en 1942  .Le Champ de Capote étant en pente cela donnait lieu à des situations cocasses. Les ouvriers des forges étant nos principaux supporters, faisait qu'on été bien suivis »

L'US Montagnarde le club du Front populaire.

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L'USMontagnarde en 1946

Si dans la vie la politique et le sport n'ont jamais fait bon ménage, L'US Montagnarde par son passé a pourtant toujours revendiquer qu'il est avant tout le club des classes populaires.

 Créer en 1936 par des ouvriers qui avec la disparition des Enfants de Lochrist Hennebont ne partageaient pas les mêmes vues que les directeurs des forges,  au lieu de rejoindre les patronages comme les Tricolores de Lochrist ou la Garde du vœu d'Hennebont, ces derniers avaient décidés de créer en l'US Montagnarde un club laïque.

Rose et rouge à la fois

 

Si Inzinzac Lochrist et Hennebont surnommés jusqu'aux dernières élections municipales Lochrist la rose et Hennebont la rouge sont des communes qui ont jusqu'à ces derniers temps été des bastions de la gauche bretonne, le club de l'US Montagnarde a su traverser certaines divergences pour le moins surprenantes.

 Les couleurs bleu et rouge de l'USM étant celles des jeunesses socialistes. Si un pont sépare Lochrist d'Hennebont; Langroixet Saint Piaux) pourtant situés sur la commune d'Hennebont virent la plupart de ses jeunes enfiler la tunique bleue et rouge . Si à La Montagne notamment beaucoup  étaient des sympathisants des communistes, c'est une grande rivalité qui existait entre l'USM et l'US Hennebont bastion pourtant rouge lui aussi.Tous pourtant se retrouvaient pourtant cote à cote dans les manifestations. A la Montagne beaucoup de joueurs ou de dirigeants travaillaient aux forges et plus tard à la SBFM, ce qui valut lors de conflits quelques passes d'armes insolites, tel le délégué syndical julien Le Diméet  qui se permit de lancer devant les caméras de télé un ' Ta gueule Jean !' a un Jean Giovannelli qui était alors député. Cela faisait parti du folklore car Jean et Julien ont beaucoup oeuvrés pour l'USMontagnarde. Le prédécesseur du fameux Pierre Le Ménahès qui se permit de dire sa façon de penser à Nicolas Sarkozy s'appelait Roger Le Fée. Roger ancien arbitre de football était avant sa disparition un habitué du Mané Braz. Roger qui se permit un jour d'aller faire le coup de poing avec des supporters Avranchinais.

Dans les premières années la politique faisait parti prenante du décor. le dernier gardien de but des Enfants de Lochrist Hennebont inconditionnel des bleus a savoir mon grand père Louis Jégouzo tomba un jour malade et son médecin traitant n'était autre que le fameux Docteur Cohic qui fut président de l'USM .Guy Cohic ne pouvant se déplacer c'est l'ancien maire d'Hennebont Ferdinand Thomas qui s'occupa du malade. Découvrant la présence du Docteur Thomas à son réveil Louis Jégouzo lui lança un cinglant ' ha c'est toi gros porc '

 La rivalité avec les patronages.

 

Un peu à l'image de la guerre des boutons, les laiques de l'USM entretenaient une sévère rivalité avec les patronages notamment les Tricolores de Lochrist et La Garde du Voeu d'Hennebont.

Les derbys avec les Tricolores (que les anciens surnommaient les tricots de corps) étaient particulièrement acharnés, tous se souviennent du stade situé juste au dessus de l'église de Lochrist(à mi route de Lann Blenn) ou pour tirer un corner les joueurs étaient obligés de franchir la chaussée. Ces derbys attiraient une énorme foule. Idem pour ceux  face à la Garde du Vœu d'Hennebont qui là aussi étaient particulièrement rugueux. Les duels entre la teigne François Corrignan ou le talentueux joueur de la Garde Bibi Stéphant sont restés dans toutes les mémoires.  Les plus acharnés des supporters montagnards utilisaient des mots qui sont à bannir du langage, je pense à celui de calotins(qui veut dire curés), le sport n'a pas d'odeur, outre le surnom de Tricots de Corps pour les Tricolores, les anciens affrontèrent aussi les Patriotes de Malansac  auxquels ils donnèrent le patronyme de Papiotes de Malansac.

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Photos d'un match de solidarité en faveur des prisonniers de guerre ou pour une fois montagnards et joueurs des Tricolores étaient réunis pour une bonne cause

Pierrot Le Guen qui fut secrétaire de l'US Montagne en garde des souvenirs particuliers de ces derbys avec les voisins de Tricolores ou de la Garde du Voeu d'Hennebont

"On avait pris pour habitude de leur mettre la pâtée aux Tricolores ce qui faisait que les matchs se terminaient toujours en bagarre". 

Le derby contre la Garde du Voeu attirait lui aussi grande foule «  Je me souviens avoir vu 2000 spectateurs affluer  ».

L'USMontagnarde pendant la dernière guerre mondiale 

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.Pendant la dernière guerre l'histoire de l'USMontagnarde fut également lié à ces deux quartiers, puisque le club perdit son secrétaire Roger Tesson qui fut malheureusement fusillé par les Allemands. Beaucoup de joueurs et de dirigeants furent des témoins et des acteurs de cette époque. l'ancien boulanger de Langroix Dédé Le  Bouquin qui apporte toujours son savoir faire à a friterie  se souvient

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Dédé Le Bouquin (a gauche)qui officie toujours à la friterie de l'USM garde un souvenir intacte de cette période

« Pendant la guerre les allemands occupaient Langroix et on appelait Lochrist le petit Moscou( Langroix en breton signifie.lande de la...croix). Les Allemands et ce que l'on appelait les 'Russes blancs'( les fameux cosaques) résidaient dans le château et occupaient aussi l'enclos ou était le fameux kirsh Barreaux (qui fera également la réputation de Lochrist). Vu qu' ils s'enivraient avec , ils étaient particulièrement méchants. Comme les maquisards étaient cachés de l'autre côté dans les forges, ils avaient décidés de brûler Langroix. Les Allemands étaient munis de lance flammes, les russes blancs avaient eux la particularité de se déplacer en chevaux, ils avaient à leur tête un allemand qui parlait bien le Français. Même si je n'avais 14 ans à l'époque ça reste un souvenir particulier ».

Autre témoignage celui de l'ancien secrétaire de l'USM Pierrot Le Guen «  Parmi les joueurs montagnards qui faisaient partis de la résistance figurait Guillaume Le Braz.  Sur le terrain Guillaume était un buteur norme qui parvenait chaque saison à trouver une vingtaine de fois le chemin des filets, Guillaume qui avait la particularité arrivait de toucher rien qu'en sautant le haut de la barre transversale » . 

Pendant cette période sombre le football faisait parti des loisirs. A la Libération de Lochrist ce sont les soldats Américains qui afflueront au fameux champ de Capote pour encourager et aussi affronter les forgerons . Ce qui leur valut aux soldats US de connaître quelques surprises «  Il nous donnaient de l'argent pour aller leur chercher du cidre, or on gardait l'argent pour nous » se rappelle Georges Jégouzo.

Il a travaillé aux carrières de Polvern (dont les pavés de granit ont servis à construire les places de l'Opéra à Paris et celle de Copenaghe et été fut l'un des premiers gardiens de buts de l'USM, Albine Le Touze l'homme de pierre.

 

 

 

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 Albine Le Touze avec la genouillère non content d'avoir travaillé à la carrière de Polvern et d'avoir tenu un bar à Langroix fut également gardien de but à l'USMontagnarde). 

 A Langoix , son fameux kirsh Barreaux et son quartier voisin de Saint Piaux c'est aussi l'histoire des fameuses carrières de Polvern dont il reste encore des traces des fameux wagons qui croisaient ceux des forges. La pierre de granit était tellement exceptionnelle qu'elle a servit à créer les places de l'Opéra à Paris et celle de Copenhague, or l'un des fameux orfèvres qui avait en charge de tailler cette pierre unique n'était autre qu'Albine Le Touze. Albine avait comme particularité d'avoir tenu un café justement à Langroix et surtout d'avoir été l'un des premiers gardiens de but de l'USM ce qui rajoute une page aux liens qui unissent l'histoire tout court a celle plus sportive du club.

Comme Albine beaucoup de joueurs montagnards ont travaillés tour à tour à la carrière puis aux forges.

L'auteur du livre a trouver que cet épisode ne méritait pas d'être cité, je ne suis pas de son avis, car les anciens m'en souvent parlé  d'Albine qui, comme le sera plus tard Charlot  Le Bouedec était un personnage charismatique.

 

 

 

 







04/04/2017
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